Due diligence technique : ce que vérifient un investisseur ou un acheteur
Levée de fonds, acquisition ou reprise : ce qu’examine une due diligence technique, les signaux d’alerte les plus fréquents et comment s’y préparer.
Lors d’une levée de fonds, d’une acquisition ou d’une reprise d’entreprise, la due diligence financière et juridique est un réflexe. La due diligence technique l’est beaucoup moins, alors que la technologie représente souvent une part importante de la valeur de l’entreprise, et de ses risques.
À quoi sert une due diligence technique ?
Elle répond à une question simple : la technologie de l’entreprise peut-elle soutenir son plan de développement, et à quel coût ? L’objectif n’est pas de noter l’élégance du code, mais d’identifier les risques qui peuvent affecter la valeur ou le prix de la transaction, et d’estimer ce qu’il faudra investir pour les corriger.
Ce qui est examiné
- Architecture et capacité à grandir : le système supportera-t-il dix fois plus d’utilisateurs, de sites ou de données ?
- Qualité du code et dette technique : tests automatisés, documentation, parties du système que plus personne n’ose modifier.
- Sécurité : gestion des accès, mises à jour, sauvegardes, historique des incidents.
- Infrastructure et coûts : hébergement, licences, contrats avec les fournisseurs et évolution prévisible des coûts.
- Équipe et organisation : compétences clés, dépendance à une ou deux personnes, recours aux prestataires.
- Propriété intellectuelle : qui détient réellement le code, et les licences open source utilisées sont-elles compatibles avec le modèle commercial ?
- Données et conformité : protection des données personnelles (nLPD, RGPD), qualité et propriété des données.
- Processus : déploiement, gestion des incidents, feuille de route produit.
Les signaux d’alerte les plus fréquents
- Une seule personne connaît le système, et elle n’est liée par aucun contrat solide.
- Le code a été développé par un prestataire qui en conserve les droits.
- Aucune sauvegarde testée, ou des sauvegardes jamais restaurées.
- Une dette technique telle que chaque nouvelle fonctionnalité prend des mois.
- Des données personnelles traitées sans base légale claire ni mesures de sécurité adaptées.
Aucun de ces points n’est forcément rédhibitoire. Mais chacun a un coût, qui doit être connu avant la signature et intégré à la négociation.
Comment se déroule une due diligence
Une due diligence technique dure généralement de quelques jours à quelques semaines, selon la taille de l’entreprise. Elle combine l’analyse de la documentation, des entretiens avec l’équipe technique et une revue du code et de l’infrastructure, et se conclut par un rapport : risques classés par gravité, coûts de correction estimés et recommandations.
Côté vendeur : se préparer
Si vous préparez une levée de fonds ou la vente de votre entreprise, une due diligence « côté vendeur » permet d’identifier et de corriger les points faibles avant que l’acheteur ne les découvre. Vous arrivez à la négociation avec un dossier solide, plutôt qu’avec des surprises qui pèsent sur le prix.
En résumé
Une due diligence technique transforme une incertitude en risques chiffrés. Pour un investisseur, c’est une assurance ; pour un vendeur, c’est un argument. Dans les deux cas, elle doit être menée par quelqu’un d’indépendant de l’équipe et des prestataires évalués.
